25 septembre 2017

Vivre aux USA ou être heureux aux USA.

Les clients que je rencontre ont tous un but ultime : vivre aux USA. Je les comprends tout à fait, car c’était aussi mon saint Graal en 2009, avant mon immigration.
Depuis, cinq ans ont passé. Je considère notre expérience comme réussie et nous avons décidé, en famille, que nous posions nos valises, peut-être pas définitivement, mais pour un long moment. Dans cet intervalle, via mes fonctions de consultant, j’ai aidé pas mal de familles dans leurs démarches et surtout je les ai aidées à trouver le business qui serait le vecteur de leur immigration via un visa de type E.
C’est cette expérience qui me fait dire aujourd’hui que le but ultime ne doit pas être de vivre aux États-Unis, mais bel et bien d’être heureux aux États-Unis !
Etre heureux aux USAEn effet, il faut commencer par définir quel type de vie vous aimez, les sacrifices que vous êtes prêts à faire, votre résistance au stress… Si on vous vend le processus d’immigration aux USA comme un processus simple, sans risque, du velours quoi ! Et bien, on vous ment.
D’abord la question des revenus. Le revenu disponible (donc après impôts) moyen par ménage en France est de 35.000 euros. Aux États-Unis, il est plus près de $50,000.00. Mais attention, sans tenir compte du change qui par essence est instable, il n’est pas plus confortable de vivre ici avec $50,000.00 qu’avec 35.000,00 euros en France. En effet, avec 35 000 euros (encore une fois après impôts), votre santé est prévue, votre retraite est prévue (c’est discutable, OK), vous avez une couverture chômage et les études de vos enfants seront peu onéreuses. Rien de tout ça ici, c’est à vous de prévoir. Lors de votre venue aux USA, il faudra bien prendre en compte ces différences dans vos estimations de revenus nécessaires. Je n’ai pas tenu compte de la dimension logement, car c’est très dépendant de votre région d’origine et de destination.
Pour venir ici, vous avez acheté ou créé une affaire. Dans beaucoup de cas que j’ai traités, il s’agit d’une affaire dans le même métier, ou proche, de celui qui était exercé en France. Dans ce cas, il faut s’adapter, mais vous savez globalement à quoi vous attendre. Pour d’autres, il s’agit d’un changement radical de métier aussi. Dans ce cas, je conseille la plus grande prudence. Il arrive que des affaires soient affichées « absentee owner » (le propriétaire n’a pas à être présent, ça tourne tout seul), ou « 10 hours per week ». Je n’y crois pas, je n’y crois pas du tout. C’est un argument « commercial » très souventVisa Investisseur USA mensonger. D’abord si c’est le cas, pourquoi vend-il ? Ensuite, ici, comme ailleurs, quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Enfin, si vous ne maitrisez pas votre business, vos salariés prendront vite le dessus sur vous et… bonne chance. Non, anticipez qu’il vous faudra travailler autant sinon plus qu’avant et si ce n’est pas le cas, alors tant mieux pour vous. Ensuite, si c’est une activité nouvelle pour vous, assurez-vous qu’elle vous plaise, vous allez y passer du temps, autant que ce soit agréable ! Le rêve américain, chacun a le sien. Assurez-vous que votre job quotidien ne vous le gâche pas.
Enfin, assurez-vous de l’adhésion familiale à votre projet. Votre conjoint, vos enfants doivent partager votre enthousiasme, car ils vont eux aussi faire des efforts et parfois des sacrifices. Pour les enfants, il faudra dire au revoir aux amis (à l’adolescence, pas facile), s’adapter à la langue, aux habitudes scolaires, se faire de nouveaux amis. Rassurez-vous, je n’ai jamais vu de cas d’immigration « ratée » ou « difficile » qui soit lié aux enfants. Tout est fait ici pour eux. Vis-à-vis du conjoint, c’est plus délicat. Si votre conjoint doit travailler avec vous, assurez-vous que vous y êtes prêts. Il faut que les rôles soient clairs. Être mariés c’est une chose, travailler ensemble, c’en est une autre. Sinon, dans le cadre de votre dossier d’immigration, votre conjoint devrait obtenir une autorisation de travail sur le territoire américain (voire votre avocat pour ce point précis). Il n’est pas du tout évident qu’il trouve un travail « au niveau » de ce qu’il avait dans votre pays d’origine, il reprendra souvent au bas de l’échelle. Il y a la barrière de la langue, qui selon votre niveau d’origine s’estompera plus ou moins vite… mais la bonne nouvelle, c’est que cette barrière vivre et être heureux aux Etats-Unisdisparaitra a terme. Il peut aussi y avoir la difficulté à faire valoir ses diplômes et son expérience. Il faut donc accepter cette remise en question.
Alors, comment être heureux en immigrant aux USA ? Je n’ai pas cette réponse tout simplement parce qu’il y a autant de définitions de bonheur que de personnes. Si dans votre cas, le bonheur consiste à être loin de votre belle mère ou payer moins d’impôts, alors disons que c’est un pas. Si votre bonheur consiste à vous sentir libre d’entreprendre, à permettre à vos enfants d’exprimer leur personnalité et leurs aspirations dans un système scolaire à l’écoute, si vous vous sentez à l’étroit dans un petit pays (je ne travaille pas qu’avec des Français), alors vous devriez adorer les USA. A bientôt alors !

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Vivre aux USA ou être heureux aux USA.
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Le but ultime n'est pas seulement de vivre aux Etats-Unis mais plutôt d'y être heureux, non ? Pour cela, mieux vaut prendre des précautions.
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About Sylvain Perret

Banquier d'entreprises en France puis en Guadeloupe pendant 20 ans, j'ai émigré aux Etats Unis en 2010. Depuis, j'aide les Français à s'installer dans ce grand pays grâce à mes services de Business Broker et de Business Consultant pour différents cabinets d'avocats.